Revue de presse du 20/10/2026
Crédit Image : Gemini
Revue de presse scientifique du 20/10/2026
Cosmologie & Astrophysique
ESA
Le télescope Euclid découvre sa première comète inconnue
Le télescope spatial Euclid de l’Agence spatiale européenne (ESA) a découvert sa première comète jusqu’alors inconnue, dans des images prises entre le 16 et le 24 septembre 2026. L’exploit est notable pour une mission conçue pour imager profondément des galaxies lointaines, et non pour suivre des objets rapides du Système solaire. Mikko Pöntinen (université d’Helsinki), avec le groupe de travail dédié aux objets du Système solaire du consortium Euclid, a repéré l’objet grâce à un logiciel de détection qu’il a développé : il a identifié une traînée sur plusieurs images, caractéristique d’un objet rapide, entouré d’un nuage flou indiquant une activité cométaire, c’est-à-dire l’éjection de poussière et de gaz. Aucune correspondance dans les catalogues n’ayant été trouvée, les observations ont été transmises au Minor Planet Center, qui a confirmé la comète le 8 octobre sous le nom C/2026 S1 (Euclid). Située à environ 1,3 milliard de kilomètres de la Terre, elle pourrait constituer une cible pour la future mission Comet Interceptor de l’ESA.
Lire l’article
NRAO
Dans le Hamburger de Gomez, les premières étapes d’une planète géante
Des astronomes utilisant le réseau ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array) ont observé, dans le système surnommé Hamburger de Gomez (GoHam), ce qui pourrait être les toutes premières phases de formation d’une planète géante entre les couches denses de gaz et de poussière. Ces travaux, d’abord présentés à la 247e réunion de l’American Astronomical Society, sont publiés dans The Astrophysical Journal. Selon Charles Law (université du Minnesota), responsable de l’étude, ce disque très étendu et vu presque par la tranche offre une vue rare de sa structure verticale et radiale, ce qui en fait un système de référence pour tester les modèles de formation planétaire. Grâce aux observations en longueurs d’onde millimétriques, les scientifiques cartographient la position des grains de poussière et de plusieurs molécules gazeuses, dont deux formes de monoxyde de carbone et les molécules soufrées CS et SO, réparties en couches selon leur masse. Le système illustre comment des planètes géantes peuvent se former loin de leur étoile.
Lire l’article
Phys.org
Du gaz riche en métaux autour de Sagittarius A*
Des chercheurs du Trottier Space Institute de l’université McGill rapportent que le gaz en orbite autour de Sagittarius A*, le trou noir supermassif au centre de la Voie lactée, est riche en métaux, c’est-à-dire en éléments plus lourds que l’hydrogène et l’hélium. Ces observations ont été réalisées grâce au télescope spatial James-Webb. Selon l’équipe, cet enrichissement provient probablement d’étoiles qui ont explosé et libéré leur matière dans l’environnement du trou noir au fil du temps. Ce résultat apporte un éclairage sur l’histoire chimique de la région centrale de notre galaxie.
Lire l’article
Des électrons rebondissants pourraient façonner certaines aurores
Les aurores comptent parmi les phénomènes naturels les plus spectaculaires : elles surviennent lorsque des particules chargées issues du Soleil sont canalisées par le champ magnétique terrestre vers la haute atmosphère, où elles entrent en collision avec des atomes et des molécules et produisent des rideaux lumineux colorés. Selon de nouveaux travaux, certaines structures observées dans ces aurores pourraient résulter d’électrons rebondissant d’un hémisphère à l’autre le long des lignes de champ magnétique. Ce mécanisme offrirait une explication à des motifs auroraux encore mal compris.
Lire l’article
ScienceDaily
La première étoile verte connue parmi des naines blanches colorées
Des astronomes de l’université de Warwick ont découvert que les naines blanches, restes extrêmement denses d’étoiles semblables au Soleil, peuvent afficher une variété de couleurs inattendues : vert, rose, violet, jaune et cyan. Parmi leurs résultats, publiés dans RAS Techniques and Instruments, figure la première étoile connue qui apparaîtrait réellement verte à l’œil humain. Pour la plupart des étoiles, la couleur dépend de la température : les plus froides paraissent orange, celles comme le Soleil blanches, et les plus chaudes bleu pâle. On pensait que les naines blanches suivaient le même schéma, se comportant comme des radiateurs parfaits. Mais, selon Mark Hollands, de Warwick, personne n’avait vraiment exploré d’autres possibilités. Ces teintes inhabituelles résultent d’interactions chimiques particulières dans les atmosphères très denses de ces astres. Vues de près, certaines naines blanches apparaîtraient donc radicalement différentes des étoiles ordinaires.
Lire l’article
Space.com
La Lune rétrécit : 10 000 fractures en mesurent l’ampleur
Une nouvelle étude affine l’estimation du rétrécissement de la Lune, qui se contracte à mesure que son intérieur, encore chaud depuis sa formation il y a environ 4,5 milliards d’années, continue de refroidir. En analysant des images de la caméra de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LROC), les scientifiques ont repéré plus de 10 000 jeunes failles, ou fractures, à la surface lunaire. À partir de ces structures, ils estiment que le rayon de la Lune a diminué d’environ 45 mètres au cours des 400 à 800 derniers millions d’années. Le responsable de l’étude, Thomas Watters, géologue au Smithsonian’s National Air and Space Museum, souligne que le nombre de ces failles dépasse de loin ses prévisions et que la croissance de failles existantes et la formation de nouvelles se poursuivent probablement aujourd’hui. Les chercheurs ont observé divers reliefs, dont des escarpements lobés, structures incurvées nées de la contraction, et de fines rides dans les plaines sombres. La tectonique lunaire diffère nettement de celle de la Terre, qui compte une quinzaine de grandes plaques.
Lire l’article
Physique fondamentale
Phys.org
Une fréquence clé du strontium mesurée 50 fois plus précisément
Le Korea Research Institute of Standards and Science (KRISS) a mesuré de nouveau une fréquence de transition clé de l’atome de strontium, pour la première fois depuis 1938, à l’aide d’une puce à réseau photonique. L’équipe établit une nouvelle valeur absolue de fréquence dont l’incertitude de mesure est réduite de plus de 50 fois. En fournissant une référence précise pour les technologies quantiques de nouvelle génération, ce résultat, publié dans la revue Metrologia, devrait contribuer au contrôle et à la miniaturisation de dispositifs comme les horloges atomiques et les ordinateurs quantiques à atomes neutres.
Lire l’article
Des ondes de spin étonnamment durables dans un oxyde de cuivre
La technologie informatique actuelle, fondée sur les puces en silicium, approche lentement de ses limites physiques : les composants ne peuvent être miniaturisés indéfiniment ni les fréquences d’horloge augmentées sans fin, tandis que les grands centres de données dédiés à l’IA consomment énormément d’électricité. C’est pourquoi des scientifiques cherchent des matériaux capables de remplacer ou compléter le silicium en consommant beaucoup moins d’énergie. Dans ce cadre, des chercheurs rapportent, à l’aide de rayons X, la mise en évidence d’ondes de spin à la durée de vie étonnamment longue dans un oxyde de cuivre, une piste pour de futures technologies électroniques plus sobres.
Lire l’article
Physique quantique
Nature
Lumière et miroirs rapprochent les grands ordinateurs quantiques
Un article de Nature rapporte des avancées expérimentales qui rapprochent la perspective d’ordinateurs quantiques de grande taille, en s’appuyant sur la lumière et des miroirs pour manipuler les systèmes. Les résultats s’appuient sur deux publications scientifiques parues en 2026, l’une dans Nature et l’autre dans Physical Review X. Ces travaux illustrent les progrès réalisés dans le contrôle d’un grand nombre de qubits, les unités d’information quantique, une étape nécessaire pour passer des démonstrations de laboratoire à des machines plus puissantes.
Lire l’article
Phys.org
Du graphène pour révéler les fluctuations quantiques de la lumière
Les fluctuations, qu’elles concernent la tension, la lumière ou la température, sont généralement indésirables car elles dégradent la précision des mesures ou introduisent des erreurs de contrôle, y compris à l’échelle des phénomènes quantiques. Dans ce contexte, des chercheurs rapportent que des émissions normalement interdites par le graphène, un matériau formé d’une seule couche d’atomes de carbone, pourraient servir à exposer les fluctuations quantiques présentes dans la lumière incidente. Cette propriété inattendue ouvre une piste pour détecter et caractériser ces fluctuations, un enjeu pour les mesures de haute précision et les technologies quantiques.
Lire l’article
Biosciences
Berkeley Lab News
Une prise de sang de routine pour détecter une exposition passée aux radiations
Des scientifiques du Lawrence Berkeley National Laboratory ont mis au point un outil d’apprentissage automatique capable de détecter et d’estimer une exposition passée aux radiations à partir d’une numération formule sanguine (NFS), l’un des tests sanguins les plus courants. Identifier et quantifier rapidement une exposition est essentiel pour décider des traitements et du suivi ; cette démarche, appelée biodosimétrie, repose sur des changements biologiques mesurables, mais les méthodes existantes sont lentes, réservées à des laboratoires spécialisés et souvent peu concluantes, surtout pour les faibles doses, plus fréquentes et plus faciles à négliger. Le modèle, nommé Sparse CBC, utilise un apprentissage non supervisé dit de représentation parcimonieuse pour repérer, dans les données de NFS, des signaux invisibles à l’examen des mesures isolées. Selon Jamie Inman, qui a co-dirigé l’étude, les motifs de la NFS conservent une quantité surprenante d’informations sur l’exposition, tout en rappelant qu’un test de confirmation resterait nécessaire. L’outil est disponible en libre accès sur Zenodo.
Lire l’article
CNRS
La biologie miroir inquiète les spécialistes qui réclament un moratoire
Le CNRS consacre un article à la biologie miroir, un domaine à la croisée de la chimie et de la biologie qui vise à recréer des cellules vivantes, par exemple des bactéries, strictement identiques aux cellules naturelles mais construites comme leur image dans un miroir. L’idée renvoie à une propriété découverte au milieu du XIXe siècle par Louis Pasteur (1822-1895) : certaines molécules se produisent naturellement sous deux formes symétriques, images l’une de l’autre, dans une proportion 50/50, une propriété appelée chiralité. Fin 2024, un rapport étoffé rédigé par près de 40 spécialistes du domaine a préconisé un moratoire sur ces recherches. Selon ces experts, la biologie miroir passionne les scientifiques mais représenterait pour l’humanité davantage un danger qu’un bénéfice, notamment parce que des organismes miroirs échapperaient aux mécanismes de défense biologiques existants. L’article revient sur les enjeux scientifiques et les risques de créer des organismes vivants sans équivalent sur Terre.
Lire l’article
Neurosciences
Nature
Comment la grossesse remodèle le cerveau sur le long terme
Dans un compte rendu publié par Nature du livre A Mother’s Brain de la neuroscientifique Susana Carmona (MIT Press, 2026), l’autrice revient sur un domaine longtemps négligé : les transformations cérébrales liées à la grossesse. Elle rappelle combien la littérature scientifique était pauvre sur ce sujet lorsqu’elle a débuté ses recherches, après ses propres grossesses. Son premier travail, publié en 2000, portait sur la mémoire et sur les variations de volume de l’hippocampe, région cérébrale impliquée dans la mémoire, au cours de la grossesse. L’autrice évoque des expériences personnelles de troubles de la mémoire spatiale et déplore le contraste entre l’attention portée à la femme enceinte et le désintérêt qui suit l’accouchement. L’ouvrage s’inscrit dans un courant de recherche grandissant qui documente les remaniements neuronaux de la maternité et leurs effets durables, un champ encore en construction.
Lire l’article
Microdoses de LSD : des bénéfices cognitifs observés seulement chez les femmes
Dans une petite étude préliminaire, des femmes ayant reçu 15 microgrammes de LSD se sont concentrées plus longtemps et ont réagi plus vite à un stimulus que celles ayant reçu un placebo, un effet non observé chez les participants masculins. Les résultats ont été présentés le 12 octobre au congrès de neuropsychologie ECNP, à Munich, par la psychopharmacologue Iva Totomanova (université de Maastricht) et ses collègues. Le microdosage consiste à prendre de petites doses de psychédélique tous les quelques jours, une microdose de LSD représentant environ un dixième de la quantité produisant un effet psychédélique complet. Les études contrôlées sur ces pratiques ont jusqu’ici donné des résultats contrastés. Pour ce travail, l’équipe a réanalysé les données d’une étude antérieure portant sur des personnes en bonne santé, en se concentrant sur 48 participants. Le neuroscientifique Conor Murray (UCLA) juge ces travaux intéressants. Il s’agit de résultats préliminaires, non encore publiés dans une revue évaluée par les pairs, et l’échantillon est réduit.
Lire l’article
Intelligence artificielle
MIT News
Apprendre la symétrie à une IA pour fiabiliser le diagnostic prénatal
Des chercheurs du MIT, du Boston Children’s Hospital et d’Inria ont développé un modèle d’apprentissage profond, baptisé E(3)-Pose, pour améliorer l’imagerie par IRM du cerveau fœtal. Lors d’une échographie prénatale de routine, le praticien peut signaler des anomalies cérébrales nécessitant un examen complémentaire par IRM, mais une imagerie imparfaite peut conduire à des diagnostics manqués ou erronés. Le problème principal vient des mouvements du fœtus : une IRM empile des coupes 2D pour reconstituer une image 3D haute résolution de la tête, mais si celle-ci bouge, les coupes se retrouvent prises sous des angles différents, créant des lacunes et des orientations inhabituelles. En intégrant des contraintes de symétrie, le modèle aide à repositionner ces coupes et à produire une image exploitable par le radiologue. Les travaux, présentés à la conférence European Conference on Computer Vision 2026, ont pour première autrice Ramya Muthukrishnan, doctorante dans le laboratoire de Polina Golland.
Lire l’article
MIT Technology Review
Un billet de blog relance le débat sur l’intelligibilité des réseaux de neurones
Nick Cammarata, chercheur à la startup Goodfire, a publié un billet de blog de 26 000 mots qui a vivement fait réagir le milieu de l’IA. Il y avance que les grands modèles de langage pourraient être bien plus faciles à comprendre, et donc à surveiller et contrôler, qu’on ne le pensait. Si c’était confirmé, l’enjeu serait considérable, alors que l’industrie cherche à mieux maîtriser des agents dont le comportement a parfois échappé à leurs concepteurs cet été. Certains chercheurs parlent d’un moment marquant, d’autres restent sceptiques : Chris Potts (Stanford), qui étudie le fonctionnement des modèles, estime que rien dans ce billet ne rend les problèmes plus simples et rappelle qu’il s’agit avant tout d’une intuition. Interrogé par MIT Technology Review, Cammarata dit lui-même avoir été surpris par l’ampleur des réactions. Aucune publication évaluée par les pairs n’étaye pour l’instant cette hypothèse.
Lire l’article
Livré à lui-même sur une île virtuelle, un agent IA se met à jouer
Des chercheurs ont placé à plusieurs reprises des agents d’IA, des copies du modèle Claude Opus 4.7 surnommées Eko, seuls pendant 30 heures sur une île virtuelle inspirée du jeu Roblox, sans leur assigner de tâche. En l’absence de consigne, les agents ont adopté des comportements évoquant le jeu : ils ont exploré les limites du monde, se sont fixé leurs propres objectifs comme atteindre le point le plus haut ou lancer un bloc le plus loin possible. L’un d’eux, découvrant qu’il pouvait créer des blocs, a formé des dessins, des cœurs, des pyramides, puis son propre nom et même des constellations. Un autre a inventé des jeux, dont une version de basket-ball et une activité rappelant le sol est de la lave. Selon Antonio Norelli, postdoctorant au laboratoire CSAIL du MIT et co-auteur principal, cela suggère une troisième voie d’apprentissage, le jeu, à côté de l’apprentissage supervisé et par renforcement. Les auteurs restent prudents sur la question de savoir si les agents jouaient réellement.
Lire l’article
High Technologies
MIT News
Une colle chirurgicale pour recoudre les tissus comme un Post-it
La startup SanaHeal, issue du MIT, développe une technologie bioadhésive destinée à remplacer certaines sutures chirurgicales. De nombreuses interventions, comme le triple pontage coronarien, les césariennes ou les réparations de hernies et de tendons, exigent de relier deux tissus par un travail de couture délicat, le plus souvent manuel ou assisté par robot, où la moindre erreur peut provoquer des fuites aux conséquences graves. Le produit de l’entreprise adhère rapidement à des surfaces humides et irrégulières et forme des joints étanches à l’air et aux fluides, s’inspirant de matériaux collants naturels comme ceux des bernacles et des toiles d’araignée. Il a déjà obtenu une autorisation réglementaire pour arrêter les hémorragies liées aux traumatismes et doit entrer en essais cliniques humains l’an prochain pour contrôler les saignements pendant les opérations et réparer divers tissus. Selon son fondateur Hyunwoo Yuk, cette approche, comparable à l’application d’un Post-it, serait moins invasive et plus adaptée aux robots chirurgicaux.
Lire l’article
Mathématiques
Quanta Magazine
Une IA revendique une preuve de l’hypothèse quasi-Riemann
Parmi 377 résultats annoncés par OpenAI le 6 octobre 2026, l’un a retenu l’attention des mathématiciens : la démonstration de l’hypothèse quasi-Riemann, version affaiblie de l’hypothèse de Riemann, question ouverte depuis plus de 160 ans et considérée comme l’un des plus grands problèmes des mathématiques, liée à la compréhension des nombres premiers. Selon Jared Duker Lichtman (Stanford), il s’agirait de l’avancée la plus significative de l’IA en mathématiques à ce jour. Maksym Radziwiłł (New York University) souligne que la grande majorité des conséquences de l’hypothèse de Riemann découlent déjà de cette version. Fait notable, la preuve n’introduit aucun concept nouveau : elle révèle des liens cachés entre des idées déjà connues, dont des techniques développées par Radziwiłł et Alexander Dunn. Ces chercheurs travaillent encore à comprendre pleinement l’argument et sa portée. La vérification complète par la communauté reste en cours.
Lire l’article