Revue de presse du 17/09/2026
Crédit Image : Gemini
Revue de presse scientifique du 17/09/2026
Cosmologie & Astrophysique
NASA
Le nouveau cratère lunaire le plus grand jamais observé se formant dans le Système solaire
Lors d’un contrôle de qualité de données, Robert Wagner, spécialiste du traitement d’images travaillant avec le Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) de la NASA, a repéré une tache brillante entourée d’un halo sombre sur une carte lunaire, signe que le sol y avait été remué. En comparant des images avant et après, il a identifié le plus grand cratère nouvellement formé jamais découvert dans le Système solaire, comme le rapportent les scientifiques dans Science Advances. Officiellement nommé McGetchin, le cratère s’est formé sur le bord oriental de la Lune entre le 11 avril et le 22 mai 2024, après l’impact d’une comète ou d’un astéroïde de la taille d’un immeuble de trois à six étages. Large de 728 pieds (environ 222 mètres) et profond de 141 pieds (environ 43 mètres), il correspond à un événement estimé rare, de l’ordre d’une fois par siècle. En plus de dix-sept ans, la mission LRO a identifié au moins 1 000 nouveaux cratères d’impact.
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ScienceDaily
La Terre pourrait s’être formée uniquement à partir de matériaux du Système solaire interne
Une étude de l’ETH Zurich, publiée dans Nature Astronomy, remet en cause l’idée que 6 à 40 % du matériau ayant formé la Terre proviendrait du Système solaire externe, au-delà de Jupiter. Les planétologues Paolo Sossi et Dan Bower ont comparé, avec une nouvelle approche d’analyse, les rapports isotopiques mesurés dans un large éventail de météorites, dont des échantillons associés à Mars et à l’astéroïde Vesta, à la composition isotopique de la Terre. Les isotopes sont des atomes d’un même élément qui diffèrent par leur masse. Leurs calculs indiquent que la matière constituant la Terre proviendrait d’un seul réservoir, situé dans le Système solaire interne, le matériau externe représentant moins de 2 % de la masse terrestre, voire aucune. Si ce résultat se confirme, l’eau terrestre aurait pu être présente bien plus près du jeune Soleil qu’on ne le pensait, ce qui questionne les scénarios d’apport d’éléments volatils venus de loin.
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Vénus aurait pu absorber sa propre lune
Pourquoi Vénus, semblable à la Terre par sa taille et sa masse, n’a-t-elle aucune lune ? Une étude de l’Université de Californie à Riverside, publiée dans The Astrophysical Journal, propose une explication. L’astrophysicien Stephen Kane a réalisé des simulations informatiques montrant qu’une éventuelle lune vénusienne, au lieu de s’éloigner progressivement comme la Lune de la Terre (qui recule d’environ quatre centimètres par an), aurait spiralé vers l’intérieur jusqu’à s’écraser sur la planète. Selon l’auteur, ce phénomène résulterait de la combinaison de la gravité de Vénus et de sa rotation extrêmement lente, sans qu’un événement catastrophique externe soit nécessaire. Les lunes plus grandes chuteraient encore plus vite. Cette hypothèse se distingue des explications antérieures, qui évoquaient soit une lune détruite par un impact massif, soit l’absence de toute collision capable d’en former une. Il s’agit d’un scénario issu de modélisations, restant à confronter à d’autres observations.
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Les vents d’un trou noir supermassif seraient cent fois plus puissants qu’estimé
Des astronomes de l’Université du Tohoku, avec des collègues de l’Université de Kanazawa et de l’Université métropolitaine de Tokyo, rapportent que les vents émis par un trou noir supermassif sont environ cent fois plus puissants qu’on ne le pensait. À l’aide du satellite d’astronomie en rayons X XRISM, l’équipe a étudié le quasar H1821+643, situé dans la constellation du Dragon, à environ 3,4 milliards d’années-lumière. Les quasars sont des objets extrêmement brillants alimentés par un trou noir supermassif. Contrairement à leur image d’objets qui aspirent la matière, ces trous noirs éjectent aussi du gaz sous forme de vents puissants, explique Satoshi Yamada. Les observations montrent que la turbulence engendrée s’étend sur environ 300 000 années-lumière, bien au-delà de la galaxie hôte. L’énergie mise en jeu rivaliserait avec plusieurs milliards d’explosions de supernova, révélant l’influence considérable de ces objets sur leur environnement à grande échelle.
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Physique fondamentale
Ars Technica
Les neutrinos changeant d’identité pourraient éclairer le mécanisme des supernovas
Le modèle des supernovas à effondrement de cœur, où une étoile massive s’effondre en étoile à neutrons ou en trou noir avant que l’explosion ne disperse ses couches externes, reste globalement admis mais incomplet. Un article publié dans Physical Review D propose une piste : les neutrinos capables de changer de saveur, c’est-à-dire d’identité. Plusieurs observations suggèrent des anomalies : le taux de formation stellaire impliquerait davantage de supernovas qu’on n’en observe, on identifie trop peu de supergéantes rouges parmi les étoiles progénitrices, et les ondes gravitationnelles issues de fusions de trous noirs révèlent un déficit de trous noirs dans une certaine gamme de masses. Les modèles actuels attribuent aux neutrinos un rôle clé dans l’explosion, mais ne tiennent pas compte de leur capacité à changer de saveur. Les auteurs explorent comment cette propriété, souvent négligée, pourrait modifier la dynamique et contribuer à expliquer ces écarts entre théorie et observations.
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Phys.org
92 antiprotons transportés par la route et stockés plus d’un mois
En mars 2026, la collaboration BASE a transporté pour la première fois des antiprotons par la route, dans un piège spécialement conçu et chargé sur un camion. Menée au CERN, à Genève, sous la direction du professeur Stefan Ulmer et de Christian Smorra de l’Université Heinrich Heine de Düsseldorf, l’expérience est décrite dans la revue Nature. L’équipe rapporte notamment avoir réussi, pour la première fois, à conserver des antiprotons dans un récipient de transport mobile pendant plus d’un mois. Cette démonstration ouvre la voie au déplacement de l’antimatière vers d’autres laboratoires pour des mesures de précision.
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Physical Review Letters
La turbulence magnétique renforcerait le signal de conversion axion-photon des supernovas
Dans une lettre publiée dans Physical Review Letters, Damiano Fiorillo, Ángel Gil Muyor, Georg Raffelt et Edoardo Vitagliano examinent comment les champs magnétiques entre une supernova et la Terre peuvent convertir des axions en rayons gamma. Les axions sont des particules hypothétiques recherchées notamment comme candidats à la matière noire. L’absence d’un tel signal en coïncidence avec les neutrinos de SN 1987A, en supposant le champ cohérent de la Voie lactée, fournit déjà des contraintes sur les couplages de l’axion. Les auteurs montrent que la prise en compte de la turbulence magnétique renforce ces signaux, ce qui pourrait améliorer la sensibilité des recherches d’axions.
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Physique quantique
Phys.org
Des atomes de Rydberg circulaires stables pendant 11 millisecondes
Des chercheurs du 5e Institut de physique de l’Université de Stuttgart ont établi trois records concernant les atomes de Rydberg circulaires, une forme particulière d’atome de Rydberg dont l’électron décrit une orbite circulaire stable autour du noyau. L’équipe rapporte des valeurs record de durée de vie, de taille et de temps de stockage, avec une stabilité atteignant 11 millisecondes. Les atomes de Rydberg sont considérés comme des briques prometteuses pour les ordinateurs quantiques et les simulateurs quantiques. Ces résultats sont publiés dans Nature Communications.
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Physical Review Letters
Exploiter la symétrie pour accélérer les mesures quantiques
Dans une lettre publiée dans Physical Review Letters, une équipe menée par Hu Chen et ses collègues propose une stratégie pour estimer plus efficacement les propriétés d’un état quantique, une tâche fondamentale en physique quantique théorique et expérimentale. Les méthodes existantes fondées sur des mesures de Pauli n’exploitent pas explicitement les connaissances préalables sur les caractéristiques structurelles d’un système, comme sa symétrie. Les auteurs introduisent une approche compacte tirant parti de cette symétrie pour réduire le nombre de mesures nécessaires. Ce gain pourrait faciliter la caractérisation d’états quantiques dans les expériences.
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Chimie
ScienceDaily
Un système solaire de dessalement sans rejet de saumure
Des chercheurs de l’Institut d’optique de l’Université de Rochester ont mis au point un système de dessalement solaire thermique capable de produire de l’eau douce tout en éliminant la quasi-totalité du sel sous forme solide, au lieu de générer de la saumure. Décrit selon la source dans une publication, le procédé se veut autonettoyant et n’exige pas d’additifs chimiques pour prétraiter l’eau entrante. Les méthodes courantes, l’osmose inverse (qui force l’eau à travers des membranes) et la distillation thermique (qui sépare l’eau douce par la chaleur), consomment beaucoup d’énergie et produisent une saumure très concentrée qui, rejetée en mer, augmente la salinité locale et réduit l’oxygène, nuisant aux organismes marins. L’ONU estime que 2,2 milliards de personnes n’ont pas d’eau potable gérée en toute sécurité. Le système pourrait aussi récupérer des minéraux de valeur comme le lithium, transformant potentiellement un déchet en ressource.
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Biosciences
Ars Technica
Comment les chimpanzés transmettent l’usage des outils à leurs petits
Selon un article publié dans Frontiers in Psychology, les chimpanzés apprennent à utiliser des outils par apprentissage social, transmis des adultes aux jeunes. Les chercheurs, dont Andreu Sánchez-Megías de l’Université de Barcelone et du Jane Goodall Institute Spain au Sénégal, décrivent comment les adultes montrent délibérément le comportement, puis cèdent leurs outils aux jeunes pour qu’ils imitent les mêmes gestes. Ces transferts de nourriture ou d’outils, associés à l’observation et à la pratique supervisée, s’apparentent à une forme d’enseignement, les mères étant les principales modèles et enseignantes. L’article rappelle l’histoire de l’étude de l’usage d’outils chez les chimpanzés, de l’observation par Darwin en 1871 de chimpanzés cassant des noix avec des pierres, à celle de Jane Goodall en 1960 voyant un chimpanzé nommé David Greybeard effeuiller une brindille pour extraire des termites. Depuis, d’autres usages ont été documentés, comme des éponges en feuilles ou des bâtons taillés.
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Neurosciences
Nature
Des organoïdes cérébraux humains greffés dans un cortex de souris appauvri en neurones
Publiée dans Nature, cette étude décrit une plateforme de transplantation baptisée xénocortication. Les chercheurs ont utilisé une stratégie génétique pour éliminer les neurones glutamatergiques du néocortex et de l’hippocampe de souris (état dit apallial), puis ont greffé chez des nouveau-nés des organoïdes corticaux dérivés de cellules souches humaines dans la cavité corticale ainsi libérée. Cette approche vise à contourner les contraintes d’espace et la compétition avec les circuits de l’hôte qui limitent l’intégration des organoïdes. Les greffons se développent robustement, occupant l’essentiel du volume cortical et générant une diversité de types cellulaires corticaux humains. L’imagerie calcique et l’électrophysiologie in vivo ont révélé des motifs d’activité organisée rappelant des circuits en développement. Les analyses comportementales montrent une locomotion largement préservée, avec des différences sélectives de coordination des membres. Les auteurs envisagent cet outil pour étudier le neurodéveloppement humain, modéliser des maladies et tester des thérapies.
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Intelligence artificielle
MIT News
Une IA aligne rapidement les radiographies peropératoires sur les scans 3D des patients
Des scientifiques et cliniciens du MIT et d’institutions partenaires ont mis au point une technique qui associe avec précision les radiographies prises pendant une opération à un scan médical 3D préopératoire du patient. Lors de chirurgies mini-invasives guidées par rayons X en temps réel, il est difficile de situer précisément des outils comme les cathéters et endoscopes, car les rayons X produisent des images plates. Le système, nommé xvr (pour X-ray volume registration), utilise un modèle d’IA qui s’adapte à chaque patient en environ cinq minutes, puis apparie les radiographies aux scans en quelques secondes, avec une précision sous le millimètre. Il surpasserait d’un ordre de grandeur les méthodes d’IA existantes, sur une large gamme de patients, de régions du corps et de procédures. Selon Vivek Gopalakrishnan, du CSAIL, une majorité d’Américains vivent à plus d’une heure d’un centre pratiquant ces interventions ; faciliter la combinaison des informations 2D et 3D pourrait rendre ces procédures vitales plus accessibles.
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Nature
Transformer les articles scientifiques en agents d’IA interactifs
Un article publié dans Nature présente Paper2Agent, un cadre automatisé qui convertit un article de recherche en agent d’intelligence artificielle. Plutôt que d’obliger le lecteur à comprendre et à adapter le code, les données et les méthodes d’un article, le système transforme celui-ci en agent faisant office d’auteur correspondant virtuel, exposant manuscrit, matériel supplémentaire, jeux de données et flux de travail comme des connaissances exploitables par un agent. Le cadre analyse l’article et son code à l’aide de plusieurs agents pour construire un serveur suivant le protocole MCP (model context protocol), puis génère et exécute des tests pour en accroître la robustesse. Ces serveurs peuvent être reliés à un agent conversationnel afin de mener des requêtes scientifiques complexes en langage naturel. Les auteurs démontrent l’approche par des études de cas, notamment des agents fondés sur AlphaGenome, Scanpy et TISSUE, qui reproduisent les résultats originaux et traitent de nouvelles requêtes, plusieurs agents collaborant pour prioriser un gène causal du psoriasis.
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High Technologies
MIT News
Un laboratoire robotisé monte et exécute des expériences d’optique à la demande
Des scientifiques du MIT ont développé un laboratoire d’optique robotisé et reconfigurable, capable d’assembler de façon autonome des composants optiques standard dans les configurations souhaitées. Le système ajuste l’angle et la position des miroirs et lentilles avec une précision de l’ordre du micron pour produire des faisceaux lumineux aux propriétés voulues, puis peut démonter une expérience et réassembler les pièces dans un nouveau montage. L’équipe a montré que le robot pouvait construire et régler de manière autonome une cavité laser de paillasse, élément clé de nombreuses expériences d’optique, à partir de composants placés au hasard. Le système sait aussi centrer un faisceau, aligner plusieurs faisceaux et les stabiliser en réponse à des perturbations physiques. Comme l’explique le postdoctorant Sachin Vaidya, l’expérience part de composants disposés aléatoirement pour aboutir à un laser pleinement fonctionnel. Les chercheurs développent une application infonuagique afin d’ouvrir un accès distant à ces laboratoires.
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Une mécanique à l’échelle nanométrique pour un calcul inspiré du cerveau
Des chercheurs du MIT ont créé une plateforme de calcul exploitant la réponse mécanique particulière de polymères souples à l’échelle nanométrique. La réponse mécanique désigne la façon dont une structure se déforme sous l’effet d’une force. En l’exploitant, l’équipe a fabriqué de minuscules dispositifs mécaniques dont le mouvement reconfigurable permet de mémoriser et de traiter l’information d’une manière qui imite le comportement des neurones. Parce que des fonctions clés de calcul sont intégrées aux propriétés intrinsèques du polymère, le nombre de composants nécessaires est réduit, ce qui rend la plateforme compacte, polyvalente et économe en énergie. Selon Farnaz Niroui, autrice principale de l’article, exploiter les propriétés mécaniques des matériaux permet aux briques élémentaires de jouer un rôle bien plus actif dans la fonction du dispositif. Ce type de plateforme ouvre des perspectives pour le calcul embarqué à faible consommation, les systèmes interactifs de surveillance médicale et environnementale, et les robots intelligents.
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